Revenir à L’harmonie

L’histoire

LE SECOND EMPIRE

Depuis quelques années, l’idée de faire de la France une nation musicienne trotte dans de nombreux esprits. Les réformateurs du temps n’osent rêver d’une nation capable de lire et d’écrire sa langue nationale, mais, apprendre la Musique au peuple, quelle idée et surtout quel travail!
A Vic le Comte, certains se laissent séduire par l’idée. En ce début d’année 1865, on en cause au travail, au café, puis c’est l’appel lancé aux bonnes volontés. Rougier qui taquine le piston propose de transmettre le savoir musical qu’il a. Les premières répétitions ont lieu dans sa chambre. Infirme, Rougier installé dans une petite voiture roulante, enseigne quelques bribes de solfège mais déjà les bonnes volontés faiblissent. Il y a si loin du solfège à l’instrument ! Restent ceux qui surmontent les difficultés.

 

Enfin, après de nombreuses répétitions, Rougier décide de « produire » ses musiciens sur le boulevard du jeu de Paume. tout le monde est là, le village au complet regarde passer ce petit défilé hésitant. Rougier, nerveux, dans sa voiture roulante, suit ses musiciens. De temps en temps, des difficultés apparaissent, aussi, Rougier sort de sa poche un cornet à piston et aide à finir tant bien que mal, le morceau entrepris.
Aprés la nervosité, le trac et l’angoisse du premier défilé, c’est l’explosion, la joie. Conscients du travail à accomplir, les premiers musiciens se jurent que la société vivra : la Fanfare était née !
Mais il faut acheter des partitions, des instruments. Aussi, les musiciens se tournent vers le mécénat populaire : les membres honoraires. En échange de quelques pièces, la Fanfare donne une aubade sous les fenêtres de chaques membre honoraire.
Les efforts de Rougier et de ses musiciens portent leurs fruits et le 7 novembre 1872, ils reçoivent de la préfecture l’autorisation de se constituer en société.
C’est environ vers 1875 qu’Avel, directeur de l’école laïque, remplace Rougier. Du point de vue pédagogique, il fut désigné pour représenter l’enseignement primaire du Puy-de-Dôme à l’exposition universelle de Paris en 1870. Il ne reste que 5 ans à la direction de la Fanfare et en 1880, Joseph Lacaut lui succède. Excellent musicien, on raconte qu’il jouait tellement souvent que les pistons de son cornets étaient usés. En été, avec Brosson, sous-chef, Maurice Laserme, une figure de la Fanfare, et quelques autres musiciens, il suivaient les fêtes et animaient de nombreux bals. La veille de Noël, au café Baptiste, dans la salle de danse, ils donnaient un bal où seulement les célibataires payaient !

 

En dehors de cela, la Fanfare jouait pour toutes les fêtes. De la fête patronale au 14 juillet, musiciens et pompiers défilaient dans les rues à la grande joie des vicomtois. Le Président de la société était Antoine Fabre, Maire de la commune et Député de la deuxième circonscription. La coutume voulait que pour la saint-Antoine, tous les musiciens lui souhaitent sa fête. Aussi Fabre donnait 50 F que les musiciens s’empressaient de dépenser en saucissons, salé et autres charcuteries. Chacun amenait son bousset et l’on festoyait à la santé du Président !
Ainsi se déroulait la vie paisible des fanfarons. Mais, le 2 août 1914, les journaux viennent de troubler le calme des rues vicomtoises. La France décrète la mobilisation générale. Nombreux sont les musiciens qui quittent leur costume de fanfare pour revêtir l’uniforme bleu horizon. La musique doit cesser son activité. La guerre dure et la liste des musiciens morts au combat s’allonge.

 

Enfin, le 11 novembre 1918, l’Armistice est signée. La Fanfare pleure ses morts : 12 musiciens sont tombés pour la France. Les musiciens retrouvent le chemin de leur salle de répétition.
En 1923, Alphonse Lacaut succède à son père. Il joue du bugle et de la basse. Comme beaucoup d’autres musiciens, il a pu améliorer sa pratique lors de son régiment dans la musique qui durait à l’époque trois ans. Avec lui, la Fanfare multiplie les concours et les festivals.

 

Aux années d’insouciance, suivent les années tragiques. Le brutal réveil de septembre 1939 ! Comme en 1914, la Fanfare suspend ses activités. Seules les leçons aux élèves sont maintenues mais à partir de novembre 1942, lorsque les Allemands envahissent la zone libre, Lacaut cesse de donner des cours « jusqu’à des jours meilleurs… » Ces jours meilleurs arrivent fin août 1944. Vic le Comte est libéré ! Spontanément, un défilé s’organise. La Fanfare et la population font le tour de ville, c’est la joie, l’allégresse !

Mais les drames de la guerre sont encore proches, et en septembre 1944, aux sons de la marche funèbre, on enterre sept maquisards vicomtois tués au Mont-Mouchet. La guerre finie, les musiciens se retrouvent réunis sous la baguette de Lacaut. Les clarinettes font leur apparition dans les rangs de la musique. La Fanfare devient une Harmonie – Fanfare.

En 1952, Jean Got prend la suite de Joseph Lacaut. Lui aussi a fait son régiment vers 1925 dans une musique militaire. Il était sous les ordres d’un jeune capitaine alors inconnu : de Gaulle. Cet excellent saxo-ténor restera à la tête de la Fanfare jusqu’en 1967, date à laquelle Fernand Chouvylui succède . Ce jeune chef saura donner un nouvel élan à la société, améliorant la qualité de l’exécution, élargissant le répertoire, tout en sachant conserver l’ambiance particulière qui a toujours régné à la Fanfare de Vic le Comte.

(Cliquer sur les images pour les agrandir….)

L’AN 2000

Le cd « Choeurs et Harmonie« , son histoire :
L’an 2000 approchant, l’Harmonie – Fanfare de Vic le Comte et la chorale « Couleurs Vocales » décidaient de préparer un concert commun. Deux histoires distinctes, deux cultures, deux pratiques différentes mais une même passion pour la musique et pour l’animation de Vic le Comte.
Aprés le choix du répertoire, vinrent les répétitions. Il y eut des heures de travail, parfois quelques découragements, surtout beaucoup d’échanges, de joies, de bonheur. Le 16 décembre 2000, le concert était donné en la Sainte Chapelle de Vic le Comte au profit de l’UNICEF. Par delà les imperfections dues à cette « première », le concert fut un franc succès. Le public mesura l’investissement humain pour les cent-vingt musiciens et choristes amateurs que ce concert avait nécessité et apprécia les oeuvres interprétées.
Jean-Yves DUCHESNE, de la société « Centre Spectacles » nous proposa alors de « graver » ce travail sur un compact disc. Il constituerait pour chacun une trace, un souvenir de la rencontre des deux associations. Plusieurs soirées d’enregistrement eurent lieu au printemps 2001.
L’une d’elles dura d’ailleurs toute la nuit !!
Ce compact disc se veut être un témoignage du travail et de la passion de musiciens amateurs. Si le public prend plaisir à écouter ce disque, s’il sent l’enthousiasme qu’il y a derrière ces titres, reflets de la diversité du répertoire, alors le but fixé quelque temps avant l’an 2000 aura été largement atteint !

 

Ecouter quelques extraits de notre cd  » Choeurs et Harmonie « .
– Attention les extraits sont au format MP3, vous devez disposer d’un lecteur compatible. Faire un clique droit, puis enregistrer la cible sous.
Tarzan Soundtrack Highlights (Extrait du film d’animation de Walt Disney – musique de Phil Collins – arrang. Paul murtha – direction Cyrille Fayolle)
Minauderie ( Morceau avec Batterie Fanfare – musique de Jacques Devogel – direction Cyrille Fayolle )
Sexbomb (Musique de Mousse T. et de Errol Rennals – arrang. de Donald Furlano – direction Roger Coudert )
When you believe (Bande originale du film : « Le prince d’Egypte » – musique et parole de Stephen Schwartz – arrang. de John Moss – direction Cyrille Fayolle avec la chorale « Couleurs Vocales » )

 

2004

 

Sainte Cécile 2004 Directions Roger Coudert – Cyrille Fayolle

 

2005 : Les 140 Ans de l’Harmonie